Boouuh sortez les mouchoirs


Contredanse 1

Un critérium à la main, j’ai effacé les flèches sur mon agenda. J’ai fini de vider la valise, trace de mon précédent transport. Je l’ai rangé sous l’étagère. Je regarde ce matin, les bijoux que je voulais mettre. Ils resteront dans leur boîte chinoise, laquée de rouge et de voyage. Dans un mouchoir, j’ai recueilli les larmes du soir, et ce matin je les ai secouées sous la pluie fine. Dans la salle d’armes, j’ai trié mes espoirs et la lune s’est enfuit aussi. J’ai mis la musique à fond. Devant toi, je me suis plantée, j’ai relevé un peu ma jupe droite sage. Elle est passé de genoux à […]


Opale 5

Mais comme tu es parti, je vais faire repousser ma chatte. Il y aura des poils partout entre les dents des autres. Même entre leurs côtes, je faufilerai mes poils. J’en mettrais plein les draps blancs, des poils noirs comme s’il en jaillissait de mes flans abandonnés. Partout, bordel ! Entres mes cuisses, l’insolente toison dépasse même de la culotte, conquiert mes cuisses, poil par poil, noir sur ma peau trop blanche comme une opaline fragile. Dans ton cul, l’opale. Adieu, et vive les poils, écrirai-je sur mon fronton avant que le blanc de mes cheveux deviennent une auréole décrépie. Je loverai mes vergetures entre les cuisses des femmes fermes […]


Agression à caractère sexuel 3

Baupin, salaud. Il y avait eu DSK avant, mais je n’étais pas prête. A cette époque-là, je pensais :  «DSK est une ordure, mais cela ne me concernait pas». Peut-être parce que cela se passait loin, en Amérique. Je me disais, ils sont tous comme ça, les politiques. Je me disais, si on l’a pris la main dans le sac (à couilles), lui le président du FMI, c’est pour qu’il ne soit pas élu. Je ne suis pas une fine analyste politique. Pire, c’était une femme de chambre noire qui fut agressée, et cela ne me concernait pas. Il n’y a pas longtemps, trois jours exactement, j’ai pris conscience en […]


Soleil violet 1

Le soleil est violet à l’horizon, les montagnes sont roses sous les caresses du soleil, tu dis que je reviendrais ici. En descendant le sentier escarpé, je regardais le soleil couchant, ses lumières douces qui dessinent les souvenirs du jour. Assise sur une chaise, je voyais encore les murs gris vert de la chambre des amants, je sentais la ville, je savais qu’il y trainait le parfum des autres loutes. Ce mot a émergé au détour d’une rue, au bord de la place, entre les amas de dorures du pont habité, à peu près par là, quand j’ai refusé une glace. J’ai la fièvre, je n’ai envie de rien. Dans […]