Boouuh sortez les mouchoirs


A fêlure de peau

Je la croyais éteinte. Orgueilleuse, j’osais penser qu’elle ne reviendrait plus jamais. Et soudain, cachée sous un plaid gris, elle attaque acide. Elle se colle sur les joints d’argile, elle les fissure. Elle se faufile entre mes failles de porcelaine ébréchée. Oh, elle avait commencé un peu avant, comme ça sans raison apparente. Elle m’a chopé après la sortie du rond-point et au début de la bretelle d’autoroute. Elle m’as susurré, avec douceur, que bien sûr, la piste d’hélicoptère, tu n’as pas été  la première. J’ai répondu à la voix : tu me prends pour une idiote ? J’ai vécu, je sais. Puis, je suis devenue une adulte, j’ai recollé […]


Ne vous mariez pas les filles 8

Avez-vous vu un homme sortir à poil de la salle de bain Avec de l’eau autour de la baignoire Avez-vous un homme avec le sexe en berne Avec vos yeux tout dégoulinant de noir ? . Avez-vous déjà lu un homme fantôme Textos évanouis silence en réponse Avez-vus déjà lu un homme en rut Textos rapides en fer de lance ? . Quand ils sont beaux, ils sont idiots Quand ils sont savants, ils sont innocents Quand ils sont jeunes, ils sont impatients Quand ils sont vieux, ils sont contagieux . Avez-vous déjà vu un homme trop mou Extirper son sexe de dessous ses plis Se frotter le ventre et […]


Gueule de bois

Dans l’évier s’écoule du mauvais rosé. Son de liquide et d’air jusqu’au vide. Même mauvais, le vin enivre la soirée. Il était beau et coloré. La bouteille dénuée rejoint le sperme conservé dans un petit sachet oblong et noué. Je lie les fils jaune du sac noir. Il ne reste qu’à jeter les souvenirs dans la poubelle de la rue.  Hier encore, la chaleur nous avait couché sur les tapis bleus et gris. La chambre était trop haute, trop chaude, trop intime, jaune et grise. Il était orange et craquelé. C’est à la fenêtre que tout a commencé. J’ai regardé la rue, montée sur le marche-pied, le cul moulé dans […]


Suzanne 1

Derrière le mur, sous les arbres, je prenais mon bain, nue sous la bise. Je posais mes pieds dans l’eau fraiche, c’est mon oasis en mon sein. Il faisait beau. La vie était simple. Chaque goutte d’eau était autant de liberté. Un sourire était sur mes yeux. J’étais au monde sans rien lui demander. J’étais nature sans vigne vierge, rouge d’automne, ondulée des âges. L’air sur ma bouche se faisait instinct. Je communiais avec l’atmosphère. Éternel présent. Là derrière, les hommes regardaient. Ils auraient pu contempler le trou de la serrure. Ils auraient pus être au présent sans voile. Ils auraient pu respirer l’air et la chair et la chance. […]