autre chose


Éloge de la solitude 1

Un oiseau s’envole, le vent frais traverse ma peau après des jours moites et humides où l’air manquait. Sur un banc vert, je suis assise avec moi-même, sans un lac pour y jouer à Narcisse. Le parc danse sous la brise, les feuilles se racontent le bonheur. Rien à faire tel est l’instant. Ce n’est pas un projet, ni un avenir, ni un idéal, ni une mission. Ne rien faire. Être. Un couple passe. Ils courent, téléphone en main pour calculer leur temps et mesurer leur performance. Une jambe sur le banc, la tête dans le vent, je ne bouge pas d’un pouce. Cette solitude choisie, celle que l’ont peut […]


Miscellanées

Tête sur bambou, le regard passe au travers la drogue rouge. Là-bas, une autre fille sourit, la tête contre le bambou en lamelles plates. Ses seins pendent, poires d’automne suspendues au crochet de métal. La maison est bourgeoise mais sans viking. La contrainte sent les huiles essentielles et la crème pour les fesses de bébé. Le rouge est unique. Instants flottants. Les mains contre la joue, je suis là. Il sent bon, ici. *** Sauvage après la peinture flamande, entre nos sexes se glissent le ciel. Les toits gémissent. Le métal prend la pose et les mains s’agrippent. Les baisers se faufilent entre la gorge et les sous-pente. Une morsure. […]


Je suis en colère contre toi mon frère 3

Je suis en colère contre toi mon frère. Pas d’être né de genre masculin, tu n’y peux rien. Pas d’avoir eu de faveurs de la part de nos parents, tu n’y peux rien. Ni d’avoir eu des études payées. Ni d’avoir eu la permission de faire tes expérimentations. Nos parents se sont affrontés à toi. Ils t’ont même coupé une partie de tes vivres quand tu faisais ta « grande école ». Et tu leur en veux pour cela. C’est ta colère. Je t’en veux de pas regarder ce qui dérange. Là où tu avais moins d’argent pour payer ton appartement, je devais vivre chez les parents. Quand tu hurlais parce que […]


Les absents 1

Il eût des hommes dans ma vie après qu’il y en ait eu si peu. Le premier fut l’absent. Le second absent aussi. Ils étaient des entités qui voyagent en tapis volant, Énée et Ulysse à la fois, je le croyais dur comme vrai. Il y avait l’arrière-absent, aussi, l’ombre de l’ancêtre entre les murs de la ferme brûlée. Mais c’est au second que je dédie ces mots. Sable chaud, je ne sais le désert, je ne connais pas les voyages ni les traces de roues dans les dunes ensablées. C’est un mirage qui court vers Dakar, un immigré sans fanion.  Je n’ai pas mon permis camion. C’est un cargo […]