Anecdote


Larges désirs graphiques 4

Un large tronçon disparait et réparait dans un mouvement hypnotique. Des grosses mains larges agrippent un petit cul qui râle, cambré. La puissance entre, sort, appuie, entre, sort et encore infatigable. Son ventre est ferme et large, ses épaules immenses, un visage massif concentré sur sa prise. Elle a un dos fin, trop fin, toutes ses côtes semblent vouloir s’extraire de sa chair, tandis qu’il pilonne inlassable et incité. Dans un sens, puis dans un autre, puis encore sur le bord, puis plier ainsi et déplier par là. Je me repais de ces gémissements qui m’ont attirés là comme une souris insatiable. Soudain, la puissance transperce mes yeux humides, d’un […]


Piano gare 5

Une note frappée. Ce son m’attire comme un papillon vers la lumière douce des lampes de nuit. Il est aussi puissant que celui d’une peau claquée. Il frappe l’inconnu, il fait sonner la blanche, et bondir la noire. Quand j’entre dans cette gare, vous aviez disparu de mes yeux, me laissant la trainée poudrée de vos bonheurs. Dans l’air transparent de ce hall de gare, des notes imparfaites, jouées par cœur, cueillent mon intime repu de saveurs. Les doigts restituent les fonds de tiroirs de la mémoire, sans autre ordonnance que celle de l’instant. Il joue, le pianiste de la gare, l’inconnu qui a posé sa valise au bord du […]


Au paperboard ! 8

Le nez dans les marqueurs rouges, verts, bleus et noirs, la jupe relevée, il faut éviter de faire bouger la table de façon trop saccadée. « La tête dans le paperboard » cette expression devrait remplacer « la tête dans le guidon », me dis-je, avant que mon cerveau ne coule de plaisir sous les à-coups de cette queue puissante. Le nez dans le tapis, il faut jouer la discrétion car derrière la fine cloison, un commercial vend sa chemise à un marchand de souris périmées. La bouche continue de raconter des banalités, tandis que les entrailles se font prendre. Petite sodomie à même le tapis. Il faut faire taire […]


Don Juan 1

  Don Juan : Je vous ai vu expansive et audacieuse comme seules le sont les timides. Une âme fine et décalée, vous étiez un met de choix. Sans trop de résistance vous m’avez donné vos coordonnées. Oh, avoir votre chair serait facile, femme libérée.  Je vous ai laissé mariner un peu que votre désir soit à point par des mails polis et polissions. Tourne autour d’elle, galant et civilisé, me dis-je. Je voulais obtenir votre peau. Et bien sûr, je l’obtiens, un soir après un verre. Mais votre peau, ce n’était point assez. Non c’était votre cœur qu’il me fallait. Alors, je pris le temps des messages doux après […]