Café du dimanche matin 1


Il déambule dans la cuisine, à moitié réveillé, un mug de café à la main. Il est vêtu d’un pyjama bleu-clair dont le pantalon est à carreaux bleu et blanc. Il aime cette cuisine et côté rustique-pas-fini. Un pilier de bois trace d’une ancienne cloison, sert de délimitation avec la salle à manger. Une table blanche, simple. Un timbre d’évier à l’ancienne. Un tableau très coloré au mur. Quelques photos de paysage accrochées à une cordelette par des pinces à linge en bois. Il se sent bien ici.

En passant la porte de la cuisine, elle sourit : cette manie de remettre un pyjama au lever l’a toujours amusé. Quelle pudeur pousse cet homme svelte à se vêtir ainsi après des nuits sulfureuses, de chair et de cris ?

-Torse-nu ! Lui ordonne-t-elle d’une voix douce.

Il s’exécute avec une grimace. Il voulait juste prendre un café, tranquillement.

-Je suis allé dans le jardin, ce matin. Je n’ai pas voulu te réveiller. J’ai ramassé des tomates pour les farcir à midi. Regarde, je leur ai déjà fait expulser leur jus rouge. Je les fourrerais après.

Il entend sans bien faire attention. L’important est de boire un café. Se réveiller. Se faire une tartine de beurre salé. Voilà l’important. Torse-nu si ça lui chante. Il met son plan à exécution. Ouvrir le frigo. Poser le beurre sur la table. Couper une tranche de pain. Prendre un couteau dans le tiroir du buffet ocre. Prendre une chaise, s’asso….

-Hop-là ! Que fais-tu ?

Il ouvrait la bouche pour répondre quand, d’un geste, elle lui demande de venir à elle. D’assez mauvaise grâce, devra-t-il avouer plus tard, il s’approche. Et mon café, bordel ? Elle le pousse jusqu’au poteau de la cuisine. Il en sent le côté rêche et brut dans son dos. Elle s’éloigne quelques instants, revient et se plante devant lui, une fine ceinture dorée entres les mains. Elle le regarde. Il connaît ces yeux-là. Il jette un dernier coup d’œil à son mug abonné sur la table. Il sait que la prochaine fois qu’il atteindra ce précieux breuvage, ce dernier sera froid. Soupir.

Elle passe la ceinture dans sa bouche, lui tire la tête vers le poteau puis boucle le tout. Cela l’oblige à être droit comme un piquet. Il sait qu’il peut encore enlever la ceinture, puisqu’il a les mains libres, se libérer et aller vers son café. Il sait aussi que ce n’est pas ce qu’il a choisi de vivre avec elle. Elle s’assoit à table, attrape le mug, et boit en le fixant dans les yeux.

-Ton bas de pyjama est assez ridicule, conclue-t-elle après une longue contemplation de son torse.

Elle s’approche et d’un coup sec, fait tomber les petits carreaux au sol.

-J’ai bien fait de te mettre au piquet, en constant l’effet raidi.

Elle ouvre le placard, celui dont il connait les secrets. Elle en sort une corde. Elle lui lie un poignet, puis fait tourner la corde sur ses hanches en liant le deuxième bras. Les mains attachées de chaque côté de ses hanches, il ne peut plus défaire la ceinture qui lui mord les commissures des lèvres.

-J’ai rapporté un bâton du jardin.

Hum, il n’aime pas toujours ses idées lumineuses, notamment quand elles incluent des bâtons petits ou grands. Va-t-elle le piquer avec le bout comme la dernière fois ? Lui griffer les jambes ? Lui écraser le pied ? Lui écraser le sexe ?

Elle dépose le bâton par terre, perpendiculaire à ses jambes. D’une deuxième corde, elle noue une cheville au bâton avec rudesse. Les aspérités du bois attaquent la peau du pauvre homme sans café. Elle lui fait écarter les jambes, puis attache la deuxième cheville au même bout de bois. Il est, donc, attaché par la bouche au poteau, lié hanches et mains, les jambes écartelées par un bête bâton. Satisfaite de son travail, elle va se refaire un autre breuvage noir. Elle sort du placard une tasse en métal rouge. Elle y fait couler un café fumant. Elle approche le tout sous le nez du pauvre petit qui voulait prendre un petit-déjeuner tranquille. Quand il a bien eu le temps de prendre la mesure de ce qu’il ne pouvait boire,  elle fait couler une goutte de café dans la bouche tiraillée et douloureuse, tout en lui faisant remarquer combien elle est bonne avec lui. Elle colle ensuite le métal brûlant sur son torse, en y dessinant des arabesques. Il pousse de petits râles de protestation.

-Eh bien, dit-elle, tu voulais du café ? Je l’offre et voilà comment tu me remercies ?

Elle colle la tasse chaud sur les arrondis, placés en dessous du piquet qui a pris la trique [NDRL : les couilles, quoi]. Elle s’en amuse. Quand le café a un peu refroidi, elle trempe ce sexe tendu dans le café avant d’aller en recueillir les gouttes de sa langue agile. Tremper, laper, tremper, laper. Il frissonne. D’un seul coup, elle cesse ce manège et claque la tasse sur le sol. Le bruit métallique surprend l’homme. Elle remonte ses ongles le long des mollets puis de ses cuisses, mordille son sexe au passage pour finir sa course le long de son cou. De longues traces rouges sont la preuve de son passage animal.  Elle lui met des claques sur le torse. Il a presque peur d’elle quand elle se met dans cet état. Et c’est bon de la craindre. Elle le mord à l’épaule à plein dent. Longtemps. Il crie. Il bave.

Elle s’éloigne, décroche deux photos de paysage, récupère deux pinces à linge. Elle se rapproche, lèche avec avidité les tétons de l’attaché de manière à ce qu’ils durcissent. Puis, elle y pose les pinces à linge avec un sourire sadique.

-Passons aux choses sérieuses. Je n’ai pas rapporté que des tomates et un bâton du jardin. J’ai aussi cueilli un bouquet. Un bouquet d’orties.

Il comprit qu’il prendrait un café irradié de douleur. Avec un morceau de sucre.


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