Barbare 1


8-stefan-bostrom--mr-elbank-lr

Entre mes cuisses se logent mes préjugés au crâne rasé. Il étrenne sa barbe fraichement rasée, douce caresse sur mes lèvres lisses. Il se barbouille de mouille. Entre mes cuisses mes préjugés se sont éteints. Ils sont de beaux yeux à l’âme des profondeurs. Je contemple.

Ce sont des courbes et des dunes, blanche et crème. Ma peau glisse du haut de mon genou à la rencontre son épaule. Noir, noir est le corbeau de chance, sur son épaule granuleuse. Blonde est sa barbe de barbare assagi, trait d’union nordique entre les peurs d’aujourd’hui et les craintes du passé. On disait d’eux qu’ils venaient, assoiffés de crânes, armés de bateaux sanguinaires. On disait qu’elles étaient des sorcières possédées. On disait qu’ils étaient les maudits empoisonneurs d’eau. On disait qu’ils venaient de nul part, chevauchés sur de la viande crue qu’ils dévoraient à pleine dent. On disait qu’ils étaient ignares et mal dégrossis buvant de la cervoise dans la chatte des esclaves romaines. On disait qu’ils étaient barbus, un sabre entre les dents. On disait qu’entre leurs moustaches et leur casque à pointe, il n’y avait pas de cerveau. Ils égorgent, tuent, violent, torturent et portent des barbes. Des cosaques peut-être ? On avait peur des barbus sanguinaires venus de l’Est.

Je passe la main sur son crâne lisse, les yeux grands ouverts. Chaque miette de cet instant se faufile entre mes frissons.

***

Illustration : Stefan Bostrom


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

Commentaire sur “Barbare