Baisés enragés égalités 19



A votre vue, inconnu nu, ma chair ne fut qu’une furie sage et patiente, une violente pulsion raisonnable. Un infime effleurement de la pointe de ma chaussure à votre bras a suffit pour vous prendre dans mes filets. Une pression instinctive sur mes chevilles a suffit pour me prendre dans votre encre de seiche. Pas un mot.

Vous êtes un corps  frémissant sous des coups de langue. Vous allumez en mon sein et à votre insu une exquise folie animale. Votre sexe en apostrophe inversée, votre sexe posé et calme.  Je vous regarde subir ce long préliminaire, nourriture avalée à même votre peau où s’insinue une douce rage. Vous bruissez comme une femelle au bout de la branche sous le vent des désirs. Mes yeux apprennent vos soubresauts. Vous aimez ce que j’aime. Vous le savez pas encore, moi si. J’en cherche la preuve à votre téton. Je la tiens. Je vous tiens

Je veux monsieur que vous sentiez l’infinie douceur de mes mains sur votre cuisse. Je veux monsieur vous offrir un met aux contrastes saisissants. Puisque une fureur animale vous coure sur le ventre, je me fais humble cajolerie au bout de vos jambes. Je veux cuisiner à votre peau un salé-sucré. Un chaud-froid. Un croustillant-moelleux. Un doux-acide. Pour vous.

Coup de Théâtre
Nous voilà seul. Inégaux,
nu contre parure,
nu contre bas,
nu contre pulsions instinctives.
 
Vous vous en prenez à mes chaussures monsieur. Il vous  les faut, ôtées, nues de pieds. Vous les faites votre. A votre torse, à votre sexe. Vous baisez mes chaussures inspirées par une autre chair. Des talons noirs. Des pointes sans ballerine.

Monsieur, quelle est donc cette folie qui s’empare de nos êtres ? Ma langue, ma langue pour vous affoler. Monsieur vos mots qui réclament l’enculade. Monsieur votre corps fou. Monsieur votre furie galante. Monsieur mettez votre doigt en moi. Ce que je vous fais, je l’aime. Vous souriez monsieur, vous avez compris. Oui j’aime autant que vous être prise, éprise animale. Votre doigt monsieur, je râle, je vous aime  le temps de cette éternité-là, étoile filante.

Vos yeux plantés dans les miens. Assis face à face à même les tapis persans. Nous avons mordu la poussière, nous avons mordu nos chairs. Votre barbe attise ma peau. Le tapis enflamme nos genoux. Votre lobe d’oreille est un souvenir cuisant, une saveur sous mes dents. La bataille est puissante. Vos yeux souriants. Nous parlons la même langue, monsieur, comme c’est séduisant. Ni bonjour, ni même enchanté, prends moi seront vos premiers mots.

J’aime ce que vous aimez, vous aimez ce que j’aime. Nous parlons la même langue. Entendez-vous ?  Entendez-vous les appels de mes pieds ? Entendez-vous les accents de la folie ? Entendez-vous l’intelligence en rut ? Entendez-vous la complice assurance du combat ?

Nos mains claquent le tempo, nos dents mordillent, nos doigts pincent, nos doigts pénètrent. Mes ongles griffent. Nos fesses rougissent, nos peaux râpent, nos culs se dominent, nos entrailles jouissent à bord, nos tétons crient. Votre main à mon cou reçoit un oui instinct. Vous souriez, monsieur, et vous aimez. J’étouffe, j’exulte. Mes mains frappent le parquet espressivo. Nos langues tortillent, nos bouches foisonnent, nos baisers ragent. Nos culs pris en correspondance abrupte. Suaves sont les regards. Baisés enragés égalités. Une pause complice dans la lutte tumultueuse. Caresses tendres.

Vos doigts, monsieur, qui ont pris entière possession de moi. Trois doigts dans un trou trop petit. Vous ne me lâchez pas. Ni pour boire le champagne, à peine pour s’enivrer d’encens, votre placébo. Dans vos yeux une lueur érotique. Je ne sais pas vos traits placides. Mon con trempe, clapotis. Je ne peux lire sur votre visage la différence avec l’ordinaire. Je vous regarde sans pouvoir vous reconnaître. Mes seins rendent les armes.

Je vous veux cambré, impose ma main à votre dos. Ma bouche à votre étoile souffle la partition déraisonnable du plaisir. Vous flirtez avec les précipices de la jouissance. Vous rendez les armes. Pause face à face encore. D’un baisemain vous vous présentez, monsieur.

Vous jouissez, jeune monsieur, à la lisère des mes bas. Je vous encourage à la lisière de l’oreille. Votre chaleur jaillissante, votre puissance épaisse, votre douceur blanche sur ma peau.


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19 commentaires sur “Baisés enragés égalités