Ailes rouges 7


Drouot

C’est la deuxième fois aux (re)trouvailles. Entre votre sexe et moi, les émois se nichent et le sexe batifole dans les étoffes sages. A la moindre parcelle de votre peau, je frémis. Dans vos yeux je me noie, de désirs je ploie, de plaisirs j’arrache les draps. Puis vous m’écoutez. Mais je ne veux pas parler, je voudrais votre vit d’émoi perdu. Il vous faudrait me prendre avec la vaillance des amants connus, avec la complicité des amants éperdus, avec la sagesse des amants inconnus. Je veux crier ton nom, je veux griffer les draps à tes initiales, je veux frapper tes fesses de plaisir. Les doigts, la jouissance, les râles et les doutes troubles. Il ne faut point tomber amoureux d’ailes de papillon, même pour les amours éphémères.

Votre puissance éperdue s’est perdue au bord des draps. Votre bouche se dérobe à ma langue gourmande et enflammée, mais vous dansez retenu encore. Les fantasmes dans vos mots sont proches. Les miens restent de secrètes brûlures à souffle court. Tu frôles l’inconvenance dans tes pensées, le patriarche lointain te fait taire avec puissance alors que l’autre toi voudrait consentir au plaisir. Qui parle ?

Cette autre voix voudrait t’abandonner les yeux verts pour offrir à ses yeux le spectacle de la croupe nue. Devant lui, sur son canapé, devant ses livres, sur vos genoux. Elle voudrait laisser ta main déculotter la peur et oser l’audace rougie. Elle voudrait crier l’abandon et dans ta confiance faire face. Elle voudrait se trémousser pour vos beaux yeux, et votre bandaison trop serrée. Que vous regardiez sans toucher, que vous pliez votre égo sous ses mains à lui, que vous sentiez l’intense au profond de votre âme. Alors, à nouveau j’irai aimer votre sexe et le dévorer de tendresse. Nue ou à moitié, qu’importe.

Ce sera son tour de regarder de quelle estime je vous suce. Ce sera à son tour de plier par trois son moi. Il passera sa main rouge au tison des émois, il brûlera de chair mentale, il voudra encore et son sexe en moi réclamera un indu.

***

Illustration : Manara.


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7 commentaires sur “Ailes rouges