Acte I : Doux et rêveur 18


Mon doux rêveur
Mon ? Il n’est pas à moi, je le concède. Il ne le sera jamais.
Personne n’est jamais à personne.
Dans ce rêve à deux, sans jouissance du corps, il est mon doux rêveur des premières fois.

Premier chat engagé, chacun dans son bureau respectif, un vif après-midi de printemps,
Premiers échanges où il explore mes premières fois si banales,
Premières sodomies, pour lui, avec un amour d’été norvégienne souhaitant rester vierge,
Fantasme ou vérité ?

Rendez-vous fut pris à l’orée d’un bois, pour une prise sur capot de voiture, passé au car wash avec finition à la main. Trop fantasmique ?
Pas venu.
Des Anglais, pris d’une réunionite tardive, me laissèrent béante de ce rendez-vous perdu.
Première fois sur le carreau, avec lui.

Rendez-vous pris dans le centre où il étudie un de ces diplômes in english, que tout cadre respectable se doit d’avoir.
Au rond point de sortie de l’autoroute, échange de textos, comme le veux l’usage.
Ils étaient bien sages au vu des mails brulants. Pris par ses études ? 

Sur le parking, des yeux d’un marron profond et terriblement séduisant m’accueillent.
Un jean, un polo, une paire de mocassins.

Diable, mon genre gendre idéal, fantasme adolescente.
Je frissonne.
Classe avec une touche de sex-appeal. Jupe noire et blanche, talons doux, top noir. Simple et élégante. Je connais trop bien ses codes vestimentaires.

Nous entrons dans le hall immense d’une l’école désertée. Lieu design aux grands espaces vides. De courbes canapés orange où se reposeront les étudiants. Étudiants qui dicteront leurs lois managériales tyranniques, sans même avoir eu mal aux fesses sur des bancs d’amphi.

Visite de la salle de cours de luxe où il m’avait fantasmé nue, mon image projetée sur l’écran. Il me pousse dans un coin, m’embrasse. Mon sac tombe. Sexes habillés collés.

Il passe dans l’air un soupçon de début, de peut-être, de désir.
Mais
Il ne sent pas à l’aise. Peur d’être pris ?
Il serait mieux dans les toilettes. Là bas au bout du couloir à gauche, toilette femme et handicapée.
Il m’intime d’un ton qui se voudrait mâle « enlève ta culotte » 
Mi figue de désir, mi raisin de déception, j’y vais, j’obtempère.

Arrivé, il vérifie de ses mains s’il fut obéi. Bien sûr ! C’est bien plus excitant !
Me v’là en levrette agrippée au lavabo blanc cru. Il caresse mes cuisses, mes fesses.
Super excitant comme situation, non ?
Oui mais non.
Impossible de me pénétrer malgré une belle érection. Essais assis. Impossible encore.
Son fantasme le dépasse. Doux
rêveur, je vous avais prévenu.
Face à lui, je le regarde, lui sourit, caresse son visage.


Parking. Il a envie de partir, d’oublier, de fuir.
Il faut m’offrir au moins un café, en salaire de mon temps.
Un café où on partage des bribes de nos vraies vies.
Il est mal mon doux rêveur.
Un café où je n’ose à peine le regarder dans les yeux : il me fait tant d’effet que je crains de le gêner.

On se quitte et il m’embrasse sur les joues tendrement. Trop bien sûr. Erreur fatale.

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«Prends soin de toi »
Doux et rêveur

Première round
Une année entière passera avant le second
Il sera sexuel et rêveur
Elle sera sexuelle et littéraire





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18 commentaires sur “Acte I : Doux et rêveur