A pleine bouche 18


bouche

Je voudrais vous parler d’elle.

 

De son sourire sur la photo qu’il m’a envoyée. Ce désir aux lèvres qui m’a fait dire oui. Ce sourire mutin retrouvé quand naissait l’envie par dessus les mets fins. Des yeux rieurs, bouches gourmandes. Et, comme j’ai aimé son regard au-dessus des lunettes. Si elle fait ça, me dit-il entre deux banalités convenables, c’est qu’elle a envie de me sucer. Méfies-toi, c’est pour toi aussi. Elle a ri à gorge déployée.De sa voix rauque de fumeuse, son ton net et précis arrimé aux lèvres. La fumée de ses lèvres légère au vent. La fumée hypnotique et bleutée alors qu’elle nous regarde en fumant de l’eau. De son goût mentholé quand elle revient m’embrasser. Elle vapote.

De ses baisers envoutants. De ses jambes entres les miennes, de nous deux assises sur un lit, de son sourire indétrônable. Son bonheur d’être là. Sa liberté. De ses mains. Large et fines comme des mains d’hommes, de ses yeux pétillants, rieurs diablement coquins. Seules sur le parking à vous attendre monsieur, nous avons parlé de nos vies, des hommes un peu, des autres femmes beaucoup.

De son carré de brune qui se balance. Charmée.De magnifiques chaussures en cuir lisse et marron clair sortent de la voiture. Je regarde sa bouche. Un sourire plus merveilleux encore qu’en photo. Silhouette parfaite. Ceinture assortie aux chaussures. Un sourire d’ange. J’ai bien fait de venir.

C’est monsieur qui goûte. Gardons quelques conventions, les filles se savoureront du regard. Une gorgée légère pour ce Provence rouge. A moi l’honneur de la première bouchée, tendue à bout de fourchette masculine. Carpaccio ultra fondant. Parmesan goûtu. Et voici que des bœufs, massés à la bière, sortent entre ses lèvres de gastronome voyageur et conteur. La carte du menu indiquait prémices pour présenter les entrées. La carte savait.

Ce sourire gêné de celle qui devine de l’autre côté du restaurant. Ils sont en face à face amoureux. Elle nous regarde. L’excellent rouge avait délié les langues. Les double-sens subtils d’une conversation de tout et de rien, l’étaient moins. Mon pied caressait sa cuisse en ras de jupe riquiqui, ma main sur la cuisse de mon voisin. Il vient humer mon cou. Effleurements fugaces, corps si proches. Et cet autre elle souriait toujours. Demain au café matinal, sa langue aura de quoi régaler ses collègues de bureau. Ce soir, son homme ne la reconnaîtra pas. Son sourire indécis et voyeur.

Au cœur de son nombril, ma bouche aspire le champagne. J’y ai versé quelques gouttes. A ses pointes aussi, prétexte inutile pour ma bouche ardente. Téter le plaisir à la source, accomplir son plaisir. Son corps érectile, ses reins qui se soulèvent, ses cambrures, ma main sur ses reins pour le plaisir des courbes à suivre.

A votre pointe, l’embrasser elle et vous flatter vous. Sa bouche, votre peau fine et érigée, de l’un à l’autre, l’un à l’autre mêlée nos langues, les bouches sur sexe droit. L’embrasser encore. Votre regard ravi, notre plaisir à l’évidence. Match point. Perfection. Feeling. Tout ça.

Son goût de femelle audacieuse à pleine bouche. Sa langue sur mon audace. Elle me rend folle. Une langue infernale. Elle est plus forte que lui à ce jeu. Repos. Elle est debout une coupe à la main. Je m’assois et la tire de la langue. Elle en pose sa coupe, tremblante femelle.

Ma bouche à votre oreille vous susurre qu’il faudra être plus audacieux monsieur. S’il vous plait, l’autre entrée aussi. Mes yeux plantés dans les vôtres. Votre bouche à mes oreilles, dit que je suis belle. Je vous crois, le temps est au plaisir.

Nora et moi avions notre première phrase. Seules face à la blancheur de la page, nous sommes données comme fils rouge et contrainte créative : la bouche


Si tu as envie d'écrire, j'aurais plaisir à te lire

18 commentaires sur “A pleine bouche