Archives du mois : janvier 2018


Être verni 1

J’aime quand tu viens en jupe. J’aime quand tu as les pieds vernis et quand tu portes des talons. J’aime quand tu portes du rouge. Viens sans culotte. Je me moquerai de tes ongles gris. Marie ! Enfin, tes ongles ! J’aime quand tu portes des bas. Érotisation à sens unique, érotisme appris dans les paquets de lessive. Haha, tu as souvent les ongles sales, non mais je dis ça pour rire. Haha ! Aujourd’hui, le sang coulera sur le drap blanc. Entre les plis de mes fesses si rondes et si sensuelles, objet de tous tes désirs. Le rouge suintera entre mes poils frisés et bruns. Seule, heureuse. Les […]


La grande maison 2

La maison de pierre dormait encore. J’eus envie. De l’autre côté du palier, je sus qu’ils avaient accomplis le service. Je le sus sans un bruit sans une parole sans savoir le détail des langues et des sexes. Franchir le palier, caresser le plancher vernis de la pointe des pieds, faire grincer la poignée de la porte, et enfin glisser sous la couette de plume. Nue. J’eus envie. Le sexe de l’homme et le dédale de son bras dormaient encore. Il était chaud comme un pain d’épices. Sa barbe respire l’hiver au sourire d’ange. Sa conversation était sage au fond des bois. La forêt ruisselait de couleurs ambrées. L’eau gazouillait […]


Débranche

En fermant, les yeux, je sentais ton corps. Il est dans mon lit, son ventre est semblable au tien, l’âge en moins. Le papillon s’est envolé en amour et mon idiot de cœur est resté sur son pistil. J’ai volé de papillons en fleurs, de sexe en émois. J’ai sucé des pollens. Ma coquille a déménagé sa maison. Et mon cœur sans cesse revient, acharné, sans moi, il revient sur ton pétale jaune. Il obéit au doigt à la bouche. Il avance doucement sur le parquet, je suis ferme. Il fait un thé, nu contre la machine à laver. Il est un ange. Et mon cœur, ce salaud, revient sous […]


Minuit nu 1

Exposé, entier. Nu. Les bras en croix. Son sexe est une tempête calme. Serrer le cuir quatre fois. Une écharpe douce et chamoisée fait le tour de ses yeux. Il est beau, la tête enserrée dans la soie qui porte son odeur à elle. Quelques temps auparavant, il m’avait dit qu’il ne portait pas de caleçon sous son jean. Nous avions négocié sec avant de manger du saucisson. Une ceinture après l’autre, le piège se referme. Il devient une pièce de bois dont les biceps sont saillants. De petites lignes bleues, des veines sans aucun doute, cheminent vers ses mains abandonnées. La corde noire s’enroule autour des cuisses, serpent qui […]