Archives de l’année : 2017


Temps suspendu 3

Nous volons à travers la ville. Brune, les yeux plongés dans le sol gris, son sexe est suspendu entre ciel et ailleurs. Elle ne regarde aucun des passagers du métro aérien. Sa présence irradie le wagon impassible. Sans maquillage, un carré court dont une mèche est coincée derrière l’oreille, son visage ne bouge pas d’un cil. Chaque interstice de la rame est emplie de son essentiel. Elle redresse la tête. Son menton pointe vers un monde inconnu.  Une constellation noire décore son sac blanc cassé. A chaque arrêt une vague de passager s’écoule par les portes ouvertes tandis que sa présence habite avec nous. Une fausse fourrure noire recouvre ses […]


Regard sur lit blanc 2

Yeux fermés, vous somnolez, un peu gêné. Je vous assure, monsieur, il n’est pas de plus grande fierté que de savoir que mon doigt vous transporte bien plus loin que la pente du toit. Vous étiez superbe, tordu de plaisir, arc tendu sur les draps. Dormez du sommeil bienheureux, j’écouterai votre cœur se débattre. Visage détendu d’instantanés heureux, vous êtes beau. Regard mâtiné de bonheur et de tristesse, vous avez la tête posée sur le lit blanc. Je n’aperçois qu’un seul de vos yeux. Un petit sourire danse au coin de votre bouche. Que pensez-vous, monsieur ? Que vous arrive-t-il ? Sans poser aucune question, je sais. Vous tombez amoureux. […]


Jeunes hommes 1

Debout, il ramasse sa trousse et la fourre dans son sac à dos. Il ne ressemble à rien. Disons à rien de précis. Non à rien, selon les critères de beauté moderne que nous ingurgitons sans même y prendre garde. Vingt-ans plus tôt, je ne lui aurais jeter ni un œil ni une langue au chat. Rien. Il est là devant moi et il me trouble. Il consulte l’agenda  de son voisin. Des mains simples. Une tête ronde sans relief particulier. Un vêtement banal. Une paire de basket. Jeune, deux fois plus jeune que moi. Vif et droit. Mes yeux sans cesse reviennent vers lui sans comprendre. Pas de corps […]


Miscellanées

Tête sur bambou, le regard passe au travers la drogue rouge. Là-bas, une autre fille sourit, la tête contre le bambou en lamelles plates. Ses seins pendent, poires d’automne suspendues au crochet de métal. La maison est bourgeoise mais sans viking. La contrainte sent les huiles essentielles et la crème pour les fesses de bébé. Le rouge est unique. Instants flottants. Les mains contre la joue, je suis là. Il sent bon, ici. *** Sauvage après la peinture flamande, entre nos sexes se glissent le ciel. Les toits gémissent. Le métal prend la pose et les mains s’agrippent. Les baisers se faufilent entre la gorge et les sous-pente. Une morsure. […]