Archives de l’année : 2014


Décolleté en réunion 7

Votre bouton de chemise monsieur 9h17. Alors que je tripote mon téléphone maugréant contre ces bouchons qui retarde les participants, je surprends une envie de réunion à n’en plus finir afin de savourer cette large chaise accueillante où se lovent mes fesses. Je suis face aux fenêtres, en cas d’urgence à rêver. Cafés, thé pour moi. Ils papotent développement de licences tandis que je savoure, silencieuse, la vue sur les toits et cette chaise moelleuse. 9h23. Deux boutons s’entrouvrent sur une peau, un torse, des poils. Deux boutons c’est trop. Vous êtes en retard, comme tous les autres. Un jeans,  une veste,  une chemise blanche, et votre cartable de cuir […]


Étrennes 6

Message 1 Accepteriez-vous d’être mon jedi de l’an ? C’est que j’aime beaucoup votre sabre blazer et vous me feriez grand plaisir à ramener votre élégance. Accepteriez-vous de venir jouer aux cartes chez moi ?   Message 2 Une lanterne. Soyez assuré que nous la mettrons à l’aise d’une lampée de braise. Une baguette. Faites en sorte que sa magie fasse rougir. Une barquette de fraises. De saison. Une intelligence sans tablette. (Le chocolat est meilleur sous papier alu) Une serviette blanche. Assurez-vous qu’elle soit lavée à la poudre de serpolet. Une clef USB. Sans cravate, j’y tiens ! (Et, par la barbe de merlin, évitez d’y laisser vos power […]


Les hommes que j’aime 29

Les hommes que j’aime, maman, sont aventuriers, poètes, prodiges souvent, Les hommes que j’aime, déconcertant, tracent leurs rêves d’une parcelle d’amour, Ils chantent leur vie, un accent de folie sauvage entre les dents. Ils rêvent plus loin que les frontières du réel. Ils boivent chaque part de ciel et de fiel. Les hommes que j’aime, maman, me donnent le meilleur du temps, Les hommes que j’aime, baisant de tendresse écervelée, reviennent des cieux, Ils courent la vie plus vite que les lits. Ils s’affalent dans la soie et mangent le pain rassis des départs enfouis. Ils sautent dans la boue gluante et virevoltent dans l’apesanteur. Les hommes que j’aime, maman, […]


L’invité aux ébats 5

Je t’ai souri comme une invitation. Tu as souri en réponse. J’ai fermé les yeux, un immense sourire est né dans mon âme, et je t’ai tendu la main sous l’eau trouble du désir. Alors, sur ma nuque, ton pouce et ton index dessinent un H dont la barre était entre tes cuisses. Ma chatte sourit, mon dos ronronne. Rien, tu ne fais rien d’autre que ce mouvement de bas en haut sur le long de ma nuque. Tu n’as pas fichu tes doigts à mes lèvres sans sommation, tu n’as pas même frôlé mon sein nu. Le temps s’écoule infini le long de ma colonne vertébrale. Je te souris. […]