Le ventre du monde

Recroquevillée sur le sol, j’entends les bruits du monde. Il craque sous mes oreilles, il s’agite tout autour. Entre mes mains, mes jambes sont immobiles. Le bois flotte, je souris au retour. Dans mon monde ne restent que les sensations, les pas mêlés, les objets sonores, le caoutchouc dansant. Dans le ventre du monde, je flotte. La foule se range, pas à pas, au pas crescendo. Plus jamais le monde ne frappera pour me faire revenir parmi eux. Ils veulent me parler pour que je leur retourne mais l’irréel est mon pays. Laissez-moi m’assoir à côté de la sortie, contre la vitre fraiche. Le rap rythme, le monde crie par […]


Gueule de bois

Dans l’évier s’écoule du mauvais rosé. Son de liquide et d’air jusqu’au vide. Même mauvais, le vin enivre la soirée. Il était beau et coloré. La bouteille dénuée rejoint le sperme conservé dans un petit sachet oblong et noué. Je lie les fils jaune du sac noir. Il ne reste qu’à jeter les souvenirs dans la poubelle de la rue.  Hier encore, la chaleur nous avait couché sur les tapis bleus et gris. La chambre était trop haute, trop chaude, trop intime, jaune et grise. Il était orange et craquelé. C’est à la fenêtre que tout a commencé. J’ai regardé la rue, montée sur le marche-pied, le cul moulé dans […]


Au parfum 1

Petit côté garçon bien sage qui ignore ce qu’est une bifle, côte à côte, bras qui se frôlent, le ticket de métro parisien sert de marque page, jean, veste.  Mes yeux se glissent entre les lignes de son livre d’un beige à peine vieilli. Je le reconnais.  Et je l’imagine nu à côté de moi, sa valisette d’ordinateur cachant son sexe, et ma main qui frôle sa cuisse. Il continue de lire tandis je le prends, peau à peau, main sur le poil. Il lit, sa chemise blanche suinte de sueur parfumée, de désir fleurant. Je l’imagine célibataire à traîner sur les sites à tenter de trouver l’âme sœur alors […]


Entre les draps verts d’eau

Le cou sous les morsures, je suis animale captivée de tendresse. Arc mes reins sur les draps dépareillés, la porte est rouge et nous avons bu de l’eau. Il n’est plus d’ici et de maintenant, il n’est plus de viande rougeoyante et crue, juste vos doigts sur mes boutons et ma langue qui cueille les vôtres. La nuit se distille entre vos doigts qui m’emportent. Sous vos dents, je me rends. Là sur le vert du drap, se dessine une corole de rosée. Ce sont les maitres du désordre qui nous ont saisis dans l’après-midi, morceau de chocolat noir, dense et intense. Vous avez demandé ma main au-dessus de la […]