Sérendipité de mer 3

Sous mes joues glacées, la mer était vert-de-gris. Les cheveux roux étaient fous dans le vent vif. La vie avait deux côtés. Pile, on voyait les falaises mi grises mi raisins. Face, on contemplait les coques de fer mi figue mi pimpantes. Les cheminées ne crachaient pas de feu. Le vent mangeaient nos visages rougis. Sous nos pieds, le sable beige avait durci d’eau éloignée. Il s’égrainait en souffle transparent au ras du sol. Face à elle, j’ai appris à rêver sans rien faire. Assise sur des rochers saillants, elle me soupirait des songes bleus et salés. Des heures durant, j’aimais y chercher des cailloux roulés par les flots.  Des […]


A vif 1

Nos mots ont dit oui et non, nos lèvres respiraient le péché de gourmandise, nos yeux suintaient de pépites. Nous nous étions donnés l’absolution dans nos confessionnaux respectifs. Nous sommes devenus prêtres et rois, consacrés par la vie, absous par nos errances et glorifiés par les méandres du commun des mortels. C’était ainsi que nous avions partagés ce repas sans blasphème, nous ne le pourrions pas. Je n’ai pas laissé monter chez moi ce corps-là. Ce soir, j’ai envie de cette chair paternante. Il faudrait enfouir mes douleurs au creux de ses seins. Je voudrais me repaître de ses tétons.J’en ferai jaillir la consolante eau de tantale. Son ventre serait […]


Rais-de-cœur 4

Alors je prend une décision, celle de jouir de petits riens. Aujourd’hui, mon ventre bruisse. Je le laisse vagabonder dans la voiture qui me traine au travail. Je croise des camions et des visages creusés dans la pénombre du matin trop tôt. Morne circuit bardé de ferraille. Des totems nous rappellent qu’il ne faut pas rouler trop vite où ils grilleront de leurs yeux maléfiques. Ne roule pas trop vite, ne parle pas trop fort, impose-toi mais pas trop, utilise les mots de bois mais avec congruence. A la bretelle d’autoroute, je bifurque vers les forêts sans panneau indicateur. Les pensées métalliques se dispersent, poussières d’abscons.  Sous les arbres, sa […]


Converse jaune et doc verte

   Vous debout moi assise, entre le jeans, je tentais de vous deviner, sexe recroquevillé qui s’allonge ou chair pendante qui s’érige. Large je dirais. Avec une jolie paire, j’ajouterais.  Debout, vous me poussez contre le mur, vos lèvres sur les miennes, votre main écartant les pans de ma robe bohème, votre barbe chatouillant mes joues. Je voudrais enlever mes boucles d’oreille pour que vos mains accèdent à ma nuque, au creux derrière les oreilles, électrique suavité. Je ne voudrais pas abîmer l’instant. Vos mains s’impriment de tous vos vœux.  Vos lèvres dévorent, le désir suinte de nos souffles.  Votre ventre, celui-là même qui vous pose complexe, contre le mien […]