La grande maison 2

La maison de pierre dormait encore. J’eus envie. De l’autre côté du palier, je sus qu’ils avaient accomplis le service. Je le sus sans un bruit sans une parole sans savoir le détail des langues et des sexes. Franchir le palier, caresser le plancher vernis de la pointe des pieds, faire grincer la poignée de la porte, et enfin glisser sous la couette de plume. Nue. J’eus envie. Le sexe de l’homme et le dédale de son bras dormaient encore. Il était chaud comme un pain d’épices. Sa barbe respire l’hiver au sourire d’ange. Sa conversation était sage au fond des bois. La forêt ruisselait de couleurs ambrées. L’eau gazouillait […]


Débranche

En fermant, les yeux, je sentais ton corps. Il est dans mon lit, son ventre est semblable au tien, l’âge en moins. Le papillon s’est envolé en amour et mon idiot de cœur est resté sur son pistil. J’ai volé de papillons en fleurs, de sexe en émois. J’ai sucé des pollens. Ma coquille a déménagé sa maison. Et mon cœur sans cesse revient, acharné, sans moi, il revient sur ton pétale jaune. Il obéit au doigt à la bouche. Il avance doucement sur le parquet, je suis ferme. Il fait un thé, nu contre la machine à laver. Il est un ange. Et mon cœur, ce salaud, revient sous […]


Minuit nu 1

Exposé, entier. Nu. Les bras en croix. Son sexe est une tempête calme. Serrer le cuir quatre fois. Une écharpe douce et chamoisée fait le tour de ses yeux. Il est beau, la tête enserrée dans la soie qui porte son odeur à elle. Quelques temps auparavant, il m’avait dit qu’il ne portait pas de caleçon sous son jean. Nous avions négocié sec avant de manger du saucisson. Une ceinture après l’autre, le piège se referme. Il devient une pièce de bois dont les biceps sont saillants. De petites lignes bleues, des veines sans aucun doute, cheminent vers ses mains abandonnées. La corde noire s’enroule autour des cuisses, serpent qui […]


Temps suspendu 2

Nous volons à travers la ville. Brune, les yeux plongés dans le sol gris, son sexe est suspendu entre ciel et ailleurs. Elle ne regarde aucun des passagers du métro aérien. Sa présence irradie le wagon impassible. Sans maquillage, un carré court dont une mèche est coincée derrière l’oreille, son visage ne bouge pas d’un cil. Chaque interstice de la rame est emplie de son essentiel. Elle redresse la tête. Son menton pointe vers un monde inconnu.  Une constellation noire décore son sac blanc cassé. A chaque arrêt une vague de passager s’écoule par les portes ouvertes tandis que sa présence habite avec nous. Une fausse fourrure noire recouvre ses […]