Et d’eau fraiche

Sur les murs, j’ai rayé ton nom. Je l’ai gribouillé de traits parfumés. Je l’ai dessiné à l’encre sympathique pour tu sois un filigrane sous la peau. Il ne faudrait pas que nous te  reconnaissions car tu fais fuir au loin, ou encore nous agripper sans bouée. Pourquoi, dès que nous te prononçons, nous nous sentons liés sans fin, jusqu’à ce que la mort nous capture ? Pourquoi serais-tu au singulier face aux orgues naissantes ? Sur les barricades, il faudrait hurler ton nom. Dans les couches secrètes, il faudrait laisser exploser ton son. Si tu étais une corde, je t’enroulerais autour de nos corps, douceur ardente. Au fur et […]


Vulpes 1

De sa langue, il ouvre grand ma plage. Ses doigts m’emmènent sur le sable si dur de mer retirée. Nos semelles s’y enfoncent à peine. Sous nos pieds crissent les coquillages abandonnés. Mes cuisses sont aussi large que l’horizon. Dans la ligne de fuite, trois cylindres se dessinent dans l’air camaïeu. Des mouettes et des goélands se jouent des vents ardents. Je ferme les yeux. Le beige et le rose se mêlent en une danse tandis que la pluie perle sur nos manteaux de fourrure. Sais-tu comme les jeux des corps m’ouvrent d’immenses paysages ?Je vois la mer tandis que ma main se promène dans ses cheveux frisés. J’aime m’y […]


Saccage ma sagesse 2

Ta bite me manque, dure, sèche, violente comme un amour. Ce n’est pas vraiment la tienne ni même la vôtre. La nuit, toutes les nuits, et les soirs aussi, je la sens tout contre mon con. Elle agace mon entrée, elle agace de ne pas entrer. Elle est là, sûre. Viens voudrais-je te crier. Aucun mot ne traverse la pudeur de mes lèvres. Évanescente présence au cœur du noir, pénètre mes chairs, prends tout de travers, clang, viens, va. Tire fort. Il le faut. De dos, mon ventre de famine est écroulé sur le matelas. De dos, saccage ma sagesse, arrache-moi des soupirs de sexe, des feulements éperdus. Je veux […]


Sérendipité de mer 3

Sous mes joues glacées, la mer était vert-de-gris. Les cheveux roux étaient fous dans le vent vif. La vie avait deux côtés. Pile, on voyait les falaises mi grises mi raisins. Face, on contemplait les coques de fer mi figue mi pimpantes. Les cheminées ne crachaient pas de feu. Le vent mangeaient nos visages rougis. Sous nos pieds, le sable beige avait durci d’eau éloignée. Il s’égrainait en souffle transparent au ras du sol. Face à elle, j’ai appris à rêver sans rien faire. Assise sur des rochers saillants, elle me soupirait des songes bleus et salés. Des heures durant, j’aimais y chercher des cailloux roulés par les flots.  Des […]