Converse jaune et doc verte

   Vous debout moi assise, entre le jeans, je tentais de vous deviner, sexe recroquevillé qui s’allonge ou chair pendante qui s’érige. Large je dirais. Avec une jolie paire, j’ajouterais.  Debout, vous me poussez contre le mur, vos lèvres sur les miennes, votre main écartant les pans de ma robe bohème, votre barbe chatouillant mes joues. Je voudrais enlever mes boucles d’oreille pour que vos mains accèdent à ma nuque, au creux derrière les oreilles, électrique suavité. Je ne voudrais pas abîmer l’instant. Vos mains s’impriment de tous vos vœux.  Vos lèvres dévorent, le désir suinte de nos souffles.  Votre ventre, celui-là même qui vous pose complexe, contre le mien […]


Ne vous mariez pas les filles 8

Avez-vous vu un homme sortir à poil de la salle de bain Avec de l’eau autour de la baignoire Avez-vous un homme avec le sexe en berne Avec vos yeux tout dégoulinant de noir ? . Avez-vous déjà lu un homme fantôme Textos évanouis silence en réponse Avez-vus déjà lu un homme en rut Textos rapides en fer de lance ? . Quand ils sont beaux, ils sont idiots Quand ils sont savants, ils sont innocents Quand ils sont jeunes, ils sont impatients Quand ils sont vieux, ils sont contagieux . Avez-vous déjà vu un homme trop mou Extirper son sexe de dessous ses plis Se frotter le ventre et […]


Lettre d’amour 3

Cher.e Ce n’est pas la première lettre que j’écris à tes rêves. Le premier avait 7 ans en haut d’un escalier sombre d’où l’eau coulait sous les ponts. Le second avait 14 ans dans la procession pour aller à la table de communion d’où ont disparu les anges. Le troisième avait 20 ans partis en fumée dans un grenier rougeoyant. Les quatrièmes avaient tous 35 ans au fond des écrans blancs et des draps de même couleur. Mais, toi, je ne sais pas quel âge tu as, je ne sais même pas si tu es indigo. Je pourrais te donner des larmes de perles et des sourires d’étoiles. Je serais […]


Éloge de la solitude 1

Un oiseau s’envole, le vent frais traverse ma peau après des jours moites et humides où l’air manquait. Sur un banc vert, je suis assise avec moi-même, sans un lac pour y jouer à Narcisse. Le parc danse sous la brise, les feuilles se racontent le bonheur. Rien à faire tel est l’instant. Ce n’est pas un projet, ni un avenir, ni un idéal, ni une mission. Ne rien faire. Être. Un couple passe. Ils courent, téléphone en main pour calculer leur temps et mesurer leur performance. Une jambe sur le banc, la tête dans le vent, je ne bouge pas d’un pouce. Cette solitude choisie, celle que l’ont peut […]