Elle est belle

Elle est belle. De l’autre bout de la rue, j’ai vu son rouge, celui de ses lèvres, celui de son foulard. Je m’assois à leur table. Elle est loin de moi. Belle du jour qu’elle a traversé, le rouge un peu effacé, de la lèvre au doigt, une cigarette. Fascinant. Elle est suffisamment éloigné de moi pour que je puisse la regarder tranquillement et l’écouter. Ses yeux s’illuminent dès qu’ils  parlent à son amoureux. Elle est belle, altière et blonde. Son cou dégagé me murmure de jolies images. Ses yeux sont colorés et sa bouche est intelligente. Libre et bonne élève à la fois, elle danse quand elle marche. Je […]


Trip 2

Ce sont des voyages dont nul ne sait quand ils commencent. Ils prennent source dans les sourires. Ils sont volutes entre deux mots, vent dans les caves, pierre sous rivières, feuilles de métal souple, traces dans la chair, morsures vertes. Ils sont des oiseaux dansant sur un tissus rouge qui glisse sous des fesses larges. Nul ne sait quand on en revient. J’ai vu l’homme arracher le tissus imprimé des reins de l’autre fille. D’une main sûre, il l’a fait volé. Elle avait les mains liées, les cheveux libres et les seins pointus. Elle se tortillait comme une carpe prise dans un filet. Elle se glissait dans le jeu aussi […]


Le pouce vert

Il faisait chaud d’ennui et de canicule naissante. Assise à côté de moi, ma jolie cheffe en robe noire, aux orteils si rouge, aux chaussures noires, à la bretelle de soutien-gorge assorti aux ongles. « Parfaite, trop parfaite, ne sais pas jouir ». Mon cerveau produit parfois de grosses bêtises, surtout quand il s’ennuie ferme en réunion. Il faisait chaud, et même mon téléphone ne me procurait aucune distraction intéressante. Les vitres de la salle sont floutées , les rêveries ne peuvent pas s’ébattre dans la nature. Quelques chaises plus loin, un collègue prend la parole. Il est plutôt sympa, plutôt intelligent et très libre dans sa tête. Il bosse bien et […]


Rien du tout

Le vin tout contre ma gorge coule à flot. Je bois les paroles de désirs, les regards noirs des sourires naissant entre ses reins de soie. Sa peau est salée, je l’ai gouté au port. Sa peau est moirée, je l’ai dessiné au fourneau. Je l’ai cueilli sur la danse du temps où on était mince. Les yeux verts Mettez-vous en rang d’oignons, je vais m’occuper de vos pelures, vous éplucher le haricot, vous écosser les bourses. Tournez-vous, penchez-vous, vous serez ma cuisine du soir. Trois temps pour vos hanches, quatre pour mes pieds, à mes orteils faites révérence. Déhanchez-vous, je vous regarde depuis le banc de touche. Je suis […]