Apprivoise-moi 2

Hameçon double où nous sommes tour à tour pêcheur et poisson. Apprivoise-moi, dit le renard. D’un mot à l’autre, nos peaux se rapprochent sans rien savoir de l’avenir habillé ou nu. J’attrape ta ligne, je la tire en douceur. J’attrape tes entrailles, je les tire en douceur. D’un frôlement à un souffle, ton âme s’approche de la mienne. D’un fil à l’autre, les bras se rapprochent. Au-dessus de vos seins, je dresse le cordon de nos ententes. D’une suavité à l’autre, nous susurrons nos liens. Attendre sur la berge que le chemin se fasse pour vous, que votre détour et vos contours arrivent au rivage. Je veux que mon hameçon […]


Laissez mijoter à eau frémissante.

Un long dos s’écoule jusqu’aux fesses. Des gouttes  dégoulinent de la nuque aux pieds. Il est beau. L’eau perle dans les poils de son fessier. Carrelage noir, douche commune, il ne sait pas encore mon regard. Il est propre. Il se retourne. Je suis sous l’eau qui me fouette doucement les seins. Je ne fais pas semblant de me laver ni même de reprendre du savon. Je matte sa peau jeune et lisse, sa chair couleur trente ans. L’eau coule sur mon visage et je n’ai cure de mon image. Immobile, je pose mes yeux sur son sexe. Je ne souris pas. Je regarde sans gêne. Je ne bouge pas […]


Cambre-toi bien 2

Assise dans la douche, les plantes des pieds l’une contre l’autre, je contemple son cul qui me surplombe. La douche ronronne d’eau et de mécanisme simples. Les gouttes inlassables s’écrasent sur nos chairs. J’ai soif. Sur ma langue tendue, je laisse glisser l’eau tiède qui rebondit sur mon sexe écart. J’ai le doigt disparu dans ses entrailles. Il m’attend, il attend. Cambre-toi bien mon ami. Mieux, tu peux mieux faire. Je me repose dans la blancheur de l’instant  dont la seule couleur est celle de son cul rougi. Il fait tendre entre deux assauts. Je veux l’eau sur ma peau, je veux ton sexe dans le mien, ici, là comme […]


Polytique

Deux et un, fait un et trois ou deux à deux, le lit est doux sous la couette chatoyante. Nous lisons tous les trois, dans la sérénité sous les toits. Les lucarnes s’ouvrent sur le rose de la nuit. La porte est ouverte, entrez donc, rien ne choquera vos yeux pudibonds. Il y aura des mots doux quand la vie cogne trop fort sur les murs de nos maisons. Demain, le ciel sera clair sur les chaises rouges. Un et un font un puis deux. Un autre deux n’est pas le trois. Sous d’autres toits, les mains s’agrippent aux barreaux de fer forgé. Le lit rythme les murs, tremble jusqu’aux […]